Et la Suisse par rapport à l’Europe alors ?

En Suisse, les heures de travail, ainsi que la durée des pauses obligatoires, varient en fonction des différents secteurs d’activité, comme expliqué par le Seco [1]. Dans la plupart des cas, la durée de travail hebdomadaire est de 45 heures maximum pour un poste à temps plein, avec une moyenne de 40.6 heures par semaine [2]. La majorité des états européens se situent entre 37.3 et 40.4. Ce chiffre positionne les suisses parmi les employés les plus stakhanovistes d’Europe.

La progression du PIB jusqu’à 2014, fait de la Suisse un des pays européen à avoir le mieux rebondi à la crise de 2009 [3]. Cependant, le dernier rapport de l’OCDE, publié en décembre 2015, montre un net ralentissement de cette tendance: l’abandon du taux plancher et la diminution de l’immigration après la votation de 2014, sont parmi les causes de la faible croissance relevée au cours des derniers mois [4].

Dans un tel contexte économique, une réflexion de la part des entreprises s’impose.

Que faire pour rester rentable, sans que ni les employeurs ni les employés ne soient pénalisés ?

Un des moyens pour réagir, a été celui d’augmenter le temps de travail : des sociétés avaient déjà optées pour cette alternative en 2015 [5].

Bien que cette option reste préférable pour certains plutôt que la baisse des salaires, elle risque d’avoir des conséquences négatives sur la productivité et sur la santé des employés [6;7]. La fatigue cumulée nous porte à être moins productif en fin de journée. La fatigue peut également augmenter le risque d’erreurs et d’accidents surtout durant la neuvième heure de travail.

Le Seco nous met en garde contre les premiers signes de burn-out [8] : si « la volonté de maintenir ses performances à tout prix […] se conjugue à une forte charge de travail et à un manque de phases de récupération, elle entraîne du surmenage. Si ce surmenage persiste sur le long terme, cela peut entraîner un épuisement psychique».

Comment trouver un équilibre entre productivité et santé des collaborateurs ?

Selon Norbert K.Semmer [9], professeur en psychologie du travail à l’Université de Berne, respecter les pauses quotidiennes ne suffit pas: le repos hebdomadaire et les vacances annuelles sont aussi nécessaires pour combattre le stress au travail, rester productif et éviter les erreurs et les accidents liés au surmenage.

En cas de charge de travail il faut informer les employés sur les raisons de cette surcharge. Dans la mesure du possible, il faut les rassurer que ce sont des mesures prévues à court terme.

L’OLT 1 concernant l’enregistrement du temps de travail [10], s’inscrit pleinement dans ce contexte et vise à tenir compte des heures de travail et de pause afin de protéger la santé des employés. Cette loi, erronément perçue comme une contrainte, peut se révéler un excellent moyen pour augmenter la productivité des entreprises. Elle permet également de responsabiliser les collaborateurs et contribuer à leur motivation.

Notre application pour la gestion du temps tipee, peut aider les entreprises dans cette démarche.

Pour chaque collaborateur, l’application génère dans le module Planning un résumé personnel mis à jour en temps réel, dans lequel les heures dues et les heures réalisées sont affichées. L’employé peut avoir accès à son résumé soit directement en se connectant à tipee, soit sous forme de papier. L’employeur peut le faire signer pour l’archiver dans le dossier du collaborateur. Avoir et donner plus de transparence est important. Cela peut êtêre fait sur les heures supplémentaires, le nombre de pauses et leur durée. Cela peut favoriser une prise de conscience utile pour éviter les problèmes de santé tout en restant productifs.

Le Tableau blanc peut se révéler très utile pour communiquer avec les employés et faire en sorte qu’ils soient à jour sur les indicateurs de croissance de l’entreprise ainsi que sur d’éventuelles mesures pour réagir face au ralentissement de la productivité.

Sources :

[1] https://www.seco.admin.ch/seco/fr/home/Publikationen_Dienstleistungen/Publikationen_und_Formulare/Arbeit/Arbeitsbedingungen/Broschuren/Arbeitszeiterfassung.html

[2] https://stats.oecd.org/Index.aspx?DataSetCode=AVE_HRS&Lang=fr

[3] http://www.bilan.ch/economie/2-de-croissance-economique-2014-suisse

[4] http://www.oecd.org/fr/eco/etudes/Suisse-2015-synthese.pdf

[5] http://www.letemps.ch/economie/2015/03/15/suisse-rythme-45-heures-travail-semaine

[6] http://angestellte.ch/newsroom-fr/communiques-de-presse/showData/employes-suisse-met-en-garde-contre-une-surreaction-des-employeurs

[7] http://www.stressnostress.ch/fr.html

[8] https://www.compasso.ch/cm_data/fr_Erschoepfung_fruehzeitig_erkennen__Burnout_vorbeugen.pdf

[9] Norbert K Semmer: Belastung und Gesundheit: Erholung als zentrales Bindeglied? Präsentation an der nationalen Tagung für betriebliche Gesundheitsförderung. Gesund und leistungsfähig in der 24-Stunden Gesellschaft. 9 juillet 2009, Université de Zurich.

[10] https://www.seco.admin.ch/seco/fr/home/Publikationen_Dienstleistungen/Publikationen_und_Formulare/Arbeit/Arbeitsbedingungen/Broschuren/Arbeitszeiterfassung.html

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